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Version complète : Evo Morales, un Indien à Paris
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Colombiana
Evo Morales, un Indien à Paris
Lamia OUALALOU
02 mai 2006, (Rubrique International) [Article paru le 7 janvier 2006 dans Le Figaro]


C’EST en pop star qu’Evo Morales, le nouveau président bolivien élu le 18 décembre, a été accueilli à Paris. Se frayer, hier, un chemin dans le petit auditorium du Centre d’accueil de la presse étrangère (Cape), où il rencontrait les journalistes, tenait de l’exploit. Tous voulaient approcher l’Indien qui, pour la première fois, s’est imposé à la tête d’un pays champion des discriminations.

En bras de chemise, impressionné par le crépitement des flashs, Evo Morales a confessé n’avoir jamais « rêvé de tant de journalistes », encore moins « des paparazzi... mais je le dis gentiment ! » « Beaucoup de gens sont venus voir un Indien en pensant peut-être que j’aurais des plumes ! » « Mais ce n’est pas Evo Morales qui a gagné, ce sont les mouvements sociaux, pour changer l’histoire. » « c’est d’abord d’en finir avec l’Etat colonial, toujours en vigueur » « méfaits » « 500 années » de colonisation, manifestement peu au fait des débats qui ont occupé l’Assemblée nationale française ces dernières semaines sur le sujet.de ces malgré les 180 années écoulées depuis l’indépendance. Le gaillard n’a cessé de revenir hier sur les L’enjeu, s’est-il amusé, avant de préciser : « Le temps n’est pas à la vengeance », a toutefois précisé Evo Morales, « mais à la refondation de la Bolivie. » Et de plonger dans l’histoire pour expliquer la colère de ceux qui l’ont porté au pouvoir dès le premier tour, du jamais-vu dans l’histoire du pays. « Mes parents étaient analphabètes, ils ont eu sept enfants, mais quatre sont morts avant d’atteindre un an, c’est banal dans la campagne. » Ce sont les « politiques néolibérales » qui ont maintenu le pays dans la misère, malgré la richesse de sa terre, estime Evo Morales. C’est pourquoi « l’Etat doit reprendre le contrôle de ses ressources naturelles. »

Même s’il ne le cite pas, tout le monde pense au gaz, dont la Bolivie détient les deuxièmes gisements du sous-continent après le Venezuela. Alors qu’Evo Morales devait rencontrer hier le ministre français de la Coopération, son conseiller économique Carlos Villegas s’est entretenu avec des dirigeants de Total.

La compagnie pétrolière française a compris que les règles devaient changer en Bolivie et qu’il faudrait céder une plus grande part des bénéfices à l’Etat, comme le plaidait déjà l’ancien gouvernement bolivien. Une loi votée hâtivement par le Congrès a déjà relevé les royalties de 18 à 50 %, tacitement acceptées par les compagnies. Total a par ailleurs une carte à jouer, présentant moins de conflits d’intérêts que ses concurrentes. La brésilienne Petrobras et l’espagnole Repsol ont pendant des années poussé la Bolivie à vendre son gaz à un prix bradé à l’Argentine et au Brésil. Opérateurs majeurs dans ces deux pays, ils bénéficiaient directement de ces rabais.

Coopération française

Le président Jacques Chirac, qui recevra ce matin Evo Morales avant que ce dernier s’envole vers Pékin, devrait souligner son attachement à la « sécurité juridique ». Mais conscient qu’il s’agit d’une élection majeure, Paris est disposé à aider la nouvelle équipe en transformant une partie de la dette bolivienne en financement de programmes sociaux.

La France se propose aussi d’apporter son concours dans la formation des cadres, les proches d’Evo Morales n’ayant aucune expérience dans l’administration. « Mon élection ne fait pas fuir les pays étrangers, au contraire », s’est félicité hier le nouveau président, en revendiquant le droit de faire appel à « toutes les coopérations, sans diabolisation », de Paris à La Havane, de Madrid à Caracas.

Brandissant les chiffres de la Cepal, l’antenne économique de l’ONU dédiée à l’Amérique latine, Evo Morales a fait remarquer que les plus forts taux de croissance en 2005 ont été enregistrés à Cuba, au Venezuela et en Argentine, « trois pays antinéolibéraux. Pourquoi mon équipe ne pourrait-elle pas travailler avec les leurs ? »

[Article paru le 7 janvier 2006 dans Le Figaro]



pierito
Bonjour,

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EVO MORALES en janvier - Image Bastien Nouvet

Et aussi, Ailleur Production présente, à la même adresse, des "Extraits d'une 2ème conférences qu'Evo Morales a donné à Paris en mai, après 5 mois de gouvernement, aprés la nationalisation des hydrocarbures.

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EVO MORALES en mai - Image Pierito

Toutes ces vidéos sont d'une "Exclusivité Mondiale sur le Net" !

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Pierito
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