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Synopsis
Madrid et les quartiers effervescents de la classe ouvrière, où les immigrés des différentes provinces espagnoles partagent leurs rêves, leur vie et leur fortune avec une multitude d'ethnies étrangères.
Au sein de cette trame sociale, trois générations de femmes survivent au vent, au feu, et même à la mort, grâce à leur bonté, à leur audace et à une vitalité sans limites

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SOURCE: http://cinecritiques.free.fr/site/index.ph...pedro-almodovar
Pedro Almodovar est dans une forme olympique depuis Tout sur ma mère. Il l’a prouvé avec Parle avec elle puis La mauvaise éducation. Volver vient confirmer que Pedro ne faiblit pas, bien au contraire. Grâce à un scénario d’une intelligence rare, le roi de la Movida filme avec amour et humour une belle brochette d’actrices toutes aussi formidables les unes que les autres.
Avec Volver Almodovar effectue un retour fracassant à la comédie féminine qu’il affectionne tant. Pedro aime ses actrices, parfois même un peu trop. Mais bon, elles sont toutes si charmantes, particulièrement Penelope Cruz, qu’on ne lui reprochera pas de s’attarder plus que de raison sur le postérieur et le décolleté de sa petite protégée. Ce film marque également les retrouvailles entre le réalisateur et Carmen Maura. L’actrice n’avait plus été dirigée par Almodovar depuis Matador, dix sept ans plus tôt.
Des hommes par contre il n’est pas question. Radicalement absents, leurs rôles sont très limités. Seulement évoqué, le mari d’Irène était un coureur de jupons. Le propriétaire du restaurant, toujours à l’affût d’une ouverture avec Raimunda, disparaît en début de film pour ne plus réapparaître. Quant à Paco, après avoir laissé parler son instinct une fois de trop, il passe le reste du film dans un congélateur. Volver est résolument un film de femmes, dévoilées dans toute leur détresse mais aussi dans toute l’énergie qu’elles seules savent tirer de leur désespoir et de leur solitude.
Ce récit mêlant plusieurs histoires de femmes du même village c’est aussi l’occasion pour Almodovar de cerner avec beaucoup d’affection mais aussi beaucoup d’humour toutes les caractéristiques de la rase campagne espagnole.Voisinage y rime avec copinage tandis que les bisous pleuvent et sont particulièrement sonores. Et surtout, la superstition y occupe un rôle essentiel. Almodovar s’en est servi habilement pour développer une histoire de fantôme dans une veine réaliste.
Cette vue d’ensemble des trois générations d’une même famille que nous propose Almodovar souligne avec beaucoup de justesse les conflits et les tensions qui peuvent régner. La relation mère-fille est bien entendu mise en avant et étudiée sous toutes ses coutures. L’ennemi commun qui se dessine alors c’est le non-dit, le silence chaque jour un peu plus lourd qui pèse sur les cœurs des belligérantes. Le dénominateur commun, c’est la mort. Celle-ci est traitée avec légèreté (cf la scène d’introduction du film) et n’est pas vue comme une rupture mais plutôt comme une seconde naissance, l’occasion par exemple de tenir une promesse non tenue de son vivant.
Côté mise en scène, Almodovar sublime ses actrices comme jamais. Toutes sont formidables et méritent amplement leur prix d’interprétation collectif au festival de Cannes.