L'anticastriste Carriles est inculpé aux États-Unis
Sa demande d'asile politique met le gouvernement américain dans l'embarras
AFP
Édition du vendredi 20 mai 2005
Miami -- Une figure de l'anticastrisme, Luis Posada Carriles, 77 ans, accusé de terrorisme par Cuba et le Venezuela, qui veulent le juger, a été inculpé hier d'entrée illégale aux États-Unis et sera en conséquence maintenu en prison, ont annoncé les autorités américaines.
«Les services d'immigration et des frontières ont remis à M. Posada son inculpation pour entrée illégale aux États-Unis» en violation de la loi, indique un communiqué de ces services. «Ils ont indiqué à M. Posada qu'ils prévoyaient de le maintenir en prison sans possibilité de libération sous caution», précise le texte. «S'il le souhaite, M. Posada aura la possibilité de faire réviser son statut de détenu lors d'une audience devant un juge spécialiste de l'immigration», ajoute le communiqué.
Ancien participant au débarquement avorté de la baie des Cochons en 1961 et collaborateur de la CIA pendant au moins dix ans, Posada Carriles, né à Cuba et naturalisé vénézuélien, avait été interpellé mardi après avoir tenu une conférence de presse. Il vivait clandestinement aux États-Unis depuis la mi-mars et avait demandé à la mi-avril, par la voie d'un avocat, l'asile politique, plongeant dans l'embarras le gouvernement américain en raison de son passé.
En 2004, à la faveur d'une grâce, il était sorti de prison au Panama, où il purgeait une peine de huit ans pour tentative d'attentat contre le président cubain Fidel Castro en novembre 2000.
Outre Cuba, qui accuse Washington de le protéger, le Venezuela a demandé à le juger pour sa participation supposée à un attentat contre un avion de la Cubana de Aviación en 1976 (73 morts). Posada Carriles s'était évadé d'une prison vénézuélienne en 1985 alors que son affaire était en appel.
Mercredi, Fidel Castro avait accusé les États-Unis de protéger Luis Posada Carriles parce qu'ils ont peur de ce qu'il pourrait raconter à un tribunal sur son passé d'agent des services de renseignement américains. «Il est évident que l'objectif du gouvernement des États-Unis est de protéger Posada Carriles et d'éviter qu'il soit déféré devant les tribunaux», avait dit M. Castro.
La Havane le considère comme l'auteur de plusieurs attentats commis sur l'île communiste ces 40 dernières années, dont des dynamitages d'hôtels en 1997.