24/05/05

Manifestation pour la nationalisation du gaz à La Paz, Bolivie - AFP / Aizar Raldes
Des milliers de paysans et de mineurs boliviens ont manifesté lundi pour réclamer la nationalisation des hydrocarbures
Quelque 8000 manifestants se sont réunis sur la place San Francisco, dans le centre de La Paz, provoquant des embouteillages.
La Centrale ouvrière bolivienne et des associations populaires de la capitale, réclament la nationalisation du gaz et accusent les régions de Santa Cruz et de Tarija, qui possèdent 85% des gisements, de visées séparatistes.
Mineurs, paysans, commerçants et enseignants s'étaient rassemblés pour protester contre la nouvelle loi sur les hydrocarbures et contre les demandes d'autonomie des régions de Santa Cruz (est) et de Tarija (sud).
Le dirigeant de la COB, Jaime Solares, a demandé lundi le départ du président Carlos Mesa et la fermeture du Congrès, devant leur refus de nationaliser le secteur gazier.
Le Mouvement vers le socialisme d'Evo Morales, le député et dirigeant des planteurs de coca, deuxième formation bolivienne, réclame une augmentation à 50% des royalties versées à l'Etat par les compagnies pétrolières étrangères implantées en Bolivie depuis la privatisation en 1996. Il semble avoir pris ses distances avec la COB et les syndicats de paysans et de commerçants qui exigent la nationalisation.
Le Congrès avait décidé la semaine dernière de porter à 18% les royalties et à 32% les impôts sur la valeur des hydrocarbures à la sortie des puits. Cette loi a été qualifiée de "confiscatoire" par les compagnie pétrolière mais insuffisante par les mineurs et les paysans.
Vingt-six compagnies pétrolieres étrangères travaillent en Bolivie, dont Total (France), Petrobras (Brésil), Exxon-Mobil (USA), Repsol (Espagne), Pluspetrol (Argentine) et British Gaz (GB).
La Bolivie possède la deuxième réserve de gaz de l'Amérique du Sud après celle du Venezuela.
En octobre 2003, Carlos Mesa avait été désigné en remplacement du président ultra-libéral Gonzalo Sanchez de Lozada à la suite d'un mois de rébellion populaire réprimée dans le sang, connue sous le nom de "guerre du gaz", une partie du pays réclamant déjà la nationalisation du secteur gazier.