Mario Vargas Llosa (Pérou)



Mario Vargas Llosa

Mario Vargas Llosa : Biographie


Mario Vargas Llosa est né le 28 mars 1936 à Arequipa, au Pérou. Il passe son enfance à Cochabamba en Bolivie et à Piura, au nord du Pérou. Mario Vargas Llosa, à l'âge de 14 ans, est placé à l'Académie militaire Leoncio Prado de Lima, qui lui laissa un sinistre souvenir. C'est cette triste période qui est à l'origine d'un de ses principaux romans, "La ville et les chiens".

La Ville et les Chiens a pour cadre l'Académie militaire Leoncio Prado de Lima, qu'il avait fréquentée au début des années 1950. Dans ce tableau de la vie menée par les cadets -les «chiens» auxquels il est fait allusion dans le titre-, Vargas Llosa met en contraste l'oppression de la discipline et les brimades subies par les jeunes gens avec le sentiment de liberté qui souffle sur la ville alentour.

Tout en poursuivant ses études à l'Université San Marcos de Lima, il occupe différentes professions d'abord en tant que correcteur, puis il collabore à des revues littéraires, notamment "Literatura" (1957-1958). Pendant une brève période il est impliqué dans une branche étudiante du Parti Communiste péruvien (alors clandestin), qu'il abandonne en protestant contre la ligne staliniste sur la littérature et l'art. Mais le Parti communiste, comme l'académie militaire, le confronte une fois de plus au vrai Pérou. Par la suite, la révolution cubaine de 1960 fait pendant un temps revivre ses sentiments révolutionnaires, mais toujours du point de vue d'un gauchiste indépendant plutôt que marxiste.
C'est donc par le journalisme que Vargas Llosa a exercé ses premiers talents littéraires. D'abord critique de cinéma et chroniqueur dans un grand quotidien local, "El Comercio", et ensuite dans deux magazines péruviens de renom (dont Literatura).

En 1955, il n'a que 19 ans et se marie avec Julia Urquidi, une femme dix ans plus âgée que lui et qui est la belle-soeur de Luis Llosa, l'oncle de Mario. Julia sera à l'origine d'un des romans les plus connus de Vargas Llosa, "La Tante Julia et le Scribouillard", une oeuvre où il s'inspire de son couple et qui sera adaptée au cinéma.

Grâce à une bourse, il poursuit ses études à Madrid et obtient en 1958 un doctorat avec une thèse sur Rubén Dario.
Après avoir écrit un recueil de nouvelles remarqué, "Les Caïds" (Los Jefes, 1959), oeuvre qui a obtenu le Prix Leopoldo Alas, il s'installe à Paris.

Enseignant et traducteur, il y rédige plusieurs romans, notamment "La Ville et les Chiens" (1963), qui fait de lui un auteur de renom (Prix de la Bibloteca Breve et Prix de la Crítica). Son roman est traduit presque aussitôt dans une vingtaine de langues puis sera adapté par la suite au cinéma.

En 1964, Mario divorce de Julia et un an plus tard il épouse sa cousine, Patricia Llosa, avec qui il aura trois enfants : Alvaro, Gonzalo et Morgana.

Dans "La Maison verte" (1966), l'auteur décrit la vie dans la lointaine forêt péruvienne et dans la zone urbaine de Piura. Il reçoit à nouveau le Prix de la Critique et le Prix International de Littérature Rómulo Gallegos" en 1967.

Parmi les principaux autres romans de Vargas Llosa, on retiendra "Conversation dans la cathédrale" (1969), "Pantaléon et les Visiteuses" (1973), une satire du fanatisme militaire et religieux au Pérou, "l'Orgie perpétuelle" (1975) et un roman semi-autobiographique, la "Tante Julia et le Scribouillard" (1977).
Le roman "La Guerre de la fin du monde" (1982), qui traite de la politique brésilienne au XIXème siècle, connut un large succès public et critique, surtout en Amérique Latine. Citons aussi "Qui a tué Palomino Molero" (1986), roman consacré aux violences politiques au Pérou, "l'Homme qui parle" (1987) et "Éloge de la marâtre" (1988).

Tenté pendant une période par le communisme, il est devenu libéral en voyant les dérives de la révolution à Cuba. Il fonde dans son pays un mouvement de droite démocratique, Libertad, et en 1990, il se présente sans succès à l'élection présidentielle péruvienne contre Alberto Fujimori.

Mario Vargas Llosa quitte alors le Pérou pour s'installer à Madrid et l'Espagne lui acorde la nationalité en 1993.
Ecrivain reconnu, il est régulièrement invité dans les universités du monde entier pour y donner des cours et des conférences. Il est même Docteur Honoris Causa de 40 universités dont plusieurs en France comme La Sorbonne.

En 1994, Mario Vargas Llosa reçoit le Prix Cervantes, la plus grande récompense littéraire en langue espagnole. Il succède ainsi à d'autres grands auteurs latino-américains qui ont également reçu cette distinction comme Alejo Carpentier (Cuba) en 1977, Jorge Luis Borges (Argentine) en 1979, Ernesto Sabato (Argentine) en 1984, Carlos Fuentes (Mexique) en 1987, Augusto Roa Bastos (Paraguay) en 1989.

Après son échec aux élections présidentielles au Pérou, Mario Vargas Llosa poursuit ses activités politiques en Espagne, apportant son soutien à des personnalités de Droite comme José María Aznar (président du gouvernement espagnol) ou Sebastián Piñera (président du Chili).

Le 7 octobre 2010 c'est le couronnement pour Mario Vargas Llosa qui se voit récompensé par le Prix Nobel de Littérature. Pendant son discours il rend un hommage émouvant à son épouse Patricia et à l'Espagne, pays qu'il aime autant que son pays d'origine, le Pérou.

Partie du discours de Mario Vargas Llosa à Stockholm :


Le 4 février 2011, il reçoit du Roi d'Espagne Juan Carlos Ier lui décerne le titre de "Marquis de Vargas Llosa" en raison de "son extraordinaire contribution, appréciée universellement, à la Littérature et à la Langue Espagnole, qui mérite d'être reconnue de manière spéciale".
En apprenant cela, Mario Vargas Llosa déclare "qu'il faut le prendre avec humour, vivant dans un pays républicain; mais aussi avec gratitude car c'est un geste affectueux de la part du Roi d'Espagne; et avec une énorme surprise puisque je n'aurai jamais imaginé un jour qu'on me fasse marquis. Je remercie l'Espagne, je remercie le Roi. Mais j'ajoute que je suis né plébéien et je mourai plébéien malgré ce titre".


Bibliographie de Mario Vargas Llosa

Découvrez ci-dessous les principales oeuvres de Mario Vargas Llosa, certaines traduites en Français et d'autres en Espagnol.