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Alejo Carpentier (Cuba)



Alejo Carpentier

Alejo Carpentier : Biographie


Alejo Carpentier serait né le 26 décembre 1904 à La Havane, mais on a récemment découvert son extrait de naissance à Lausanne, en Suisse.
Fils de Georges Álvarez Carpentier, un architecte d'origine bretonne, et de Lina Valmont, une professeur de langues d'origine russe, Alejo Carpentier se retrouve dès sa plus tendre enfance dans un métissage culturel.

Attiré par l'Amérique latine, son père décide d'émigrer à Cuba avec toute la famille en 1908. C'est donc à La Havane qu'Alejo Carpentier va grandir aux côtés des paysans cubains, blancs, noirs et métis.

L'enfance d'Alejo Carpentier va coïncider avec les premières années de la jeune République Indépendante de Cuba, suite à la défaite de l'Espagne dans sa guerre contre les Etats-Unis.

A l'âge de 11 ans, ses parents déménagent dans une propriété située à Loma de Tierra, près de La Havane. Jusqu'à l'âge de 17 ans, ce sont ses parents qui se chargeront de son éducation, son père lui enseignant la littérature et sa mère la musique.
C'est cependant à Paris que le jeune Alejo va terminer ses études secondaires, au lycée Janson de Sailly où il prendra également des cours de piano. De retour à La Havane, Alejo Carpentier poursuivra un temps ses cours de piano et entre à l'école d'Architecture en 1920, mais il abandonnera rapidement pour s'intéresser à la politique.

Il se lance dans le journalisme en 1921, voyage à nouveau en France et occupe le poste de rédacteur de la revue "Carteles" à partir de 1924.
En 1926, Alejo Carpentier voyage au Mexique et fait la connaissance de Diego Rivera, un moment important pour sa formation artistique.
En 1927, ayant signé un manifeste contre le tyran Gerardo Machado, il est mis en prison pendant sept mois. En 1928, Robert Desnos, de passage à La Havane, l'aide à s'embarquer pour la France.

Il y rencontre Queneau, Leiris, Artaud, Prévert, Vitrac, Ribemont-Dessaignes, Masson, Barrault, Paul Eluard, Pablo Picasso. Il dirige, avec Desnos et Deharme, des émissions au Poste Parisien et à Radio-Luxembourg.
Fortement influencé par le surréalisme, il collabore au journal Révolution surréaliste, fondé par André Breton. Cependant, il prend ses distances avec le surréalisme et cherche à incorporer dans son œuvre le «réel», une version de la réalité qui, prétend-il, appartient exclusivement à la culture afro-caraïbe. Ecué-Yamba-o (1933), son premier roman, est assez représentatif de cet aspect de l'écriture de Carpentier.
En 1934, il voyage à Madrid et rencontre Federico García Lorca, Rafael Alberti Merello, José Bergamín et Pedro Salinas, fêtant en Espagne la défaite de Machado à Cuba.

En 1938, il est appelé à La Havane pour y organiser une longue série d'émissions culturelles sur plusieurs chaînes de radio. Il se marie en 1941 avec Lilia Esteban Hierro à Santa María del Rosario et l'année suivante, en 1942, il organise la première exposition de Pablo Picasso à La Havane.
En 1944 il visite Haïti avec son épouse et Louis Jouvet, puis se rend au Mexique où le Fonds de Culture Economique lui commande "La música en Cuba".

Invité à Caracas par Carlos Eduardo Frías, en 1945, pour enseigner l'histoire de la culture à l'école des Beaux-Arts, il restera quatorze ans au Venezuela. Il va alors parcourir le territoire vénézuélien, sa forêt et ses plaines, collectant de nombreuses informations qui lui permettront d'écrire une des ses plus belles oeuvres : "Los pasos perdidos" (Le Partage des eaux).
En 1948, à Caracas, il termine "El reino de este mundo", un roman inspiré de son voyage à Haïti en 1944.
Entre 1951 et 1959, Alejo Carpentier va publier dans la section "Letra y Solfa" du journal "El Nacional de Caracas" près de trois mille articles de littérature, musique et arts.

Il décide en 1955 de s'offrir du repos à Paris et lors de l'atterrissage forcé de son avion en Guadeloupe pour réparations, il a l'idée d'écrire "El Siglo de las Luces" (Le siècle des Lumières), autre oeuvre phare d'Alejo Carpentier.

En 1956, Alejo Carpentier est à Buenos Aires, en Argentine, où il publie "El acoso". Cette même année il reçoit le Prix du meilleur livre étranger à Paris pour "Los Pasos perdidos" qui sera adapté au cinéma l'année suivante par la Tyrone Power Corporation.
En 1958, il voyage aux Antilles Françaises, puis publie "Guerre du Temps" au Mexique.

Il rentre définitivement à Cuba en 1959, dès le triomphe de la Révolution cubaine, et il est nommé administrateur général de la Editorial de Libros Populares de Cuba y el Caribe. En 1960 il est vice-président du Conseil National de la Culture et de l'Union des Ecrivains et des Artistes de Cuba.

A Cuba, Alejo Carpentier donne des cours d'Histoire de la Culture à l'Université de La Havane. Son roman "El Siglo de las Luces" est publié en 1963. En 1965, Alejo Carpentier donne plusieurs conférences dans les universités françaises et en 1967, il dénonce les crimes commis par les Etats-Unis au Vietnam devant le tribunal de Stockholm.
En 1968, Alejo Carpentier est nommé Ministre Conseiller de l'Ambassade de Cuba à Paris, poste qu'il occupera jusqu'en 1980.

Pendant cette période, Alejo Carpentier poursuit sa carrière littéraire en publiant "El Derecho de Asilo", "El recurso del método" et "Concierto barroco".
En 1975, il reçoit le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université de La Havane et, le 2 décembre, il est élu député à l'Assemblée Nationale. Il écrit le "Concert baroque" (1976), un roman dans lequel il expose ses opinions sur le mélange des cultures en Amérique latine. En 1978, il voyage à Madrid pour recevoir le Prix Cervantes, le premier latino-américain à recevoir cette distinction.

En 1979, Alejo Carpentier publie "El arpa y la sombra" et au mois de novembre il reçoit à Paris de Prix Medicis du meilleur livre étranger avec la traduction du livre en français : La Harpe et l'ombre.
Nombreux sont ceux qui voient en lui un futur Prix Nobel de Littérature mais le 24 avri 1980, après un journée de travail très intense, Alejo Carpentier décède à Paris.

L'oeuvre de Alejo Carpentier est très marquée par les événements historiques. "Le Royaume de ce monde" (1948) traite de la révolution haïtienne et du tyran Henry Christophe qui prit le pouvoir à Haïti en 1811. "Le siècle des Lumières" (1962) est également un roman historique, dont l'action se situe dans les Antilles à l'époque révolutionnaire. Le réalisme historique dans ces textes est en permanence transcendé par la magie que véhicule un style poétique, riche en métaphores et profondément original.

"Le Partage des eaux" (1953) est le journal imaginaire d'un musicien cubain qui essaie de définir la vraie relation établie entre l'Espagne et l'Amérique après la conquête espagnole, tandis que la "Guerre du temps" (1958) traite de la violence et de la nature répressive du gouvernement cubain dans les années 1950.

Découvrez un extrait d'une de ses plus belles oeuvres : "Guerre du Temps".


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