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Saint-Georges



Saint Georges

A la frontière du Brésil sur la rive gauche de l'Oyapock, Saint-Georges est une petite commune du nord-est de la Guyanne située à 185 kilomètres de Cayenne par la route Nationale 2. Depuis la construction de la route l'aérodrome qui permettait de recevoir des avions au départ de Cayenne n'est plus utilisé pour les vols réguliers.

Fondée le 23 avril 1853 par les bagnards qui avaient été envoyés dans la région pour remblayer les marais afin de construire une cité à la frontière brésilienne, la commune doit son nom à une pièce de monnaie hollandaise représentant Saint-Georges découverte par les prisonniers chargés des travaux.
Le Bagne de Saint-Georges avait une vocation agricole et forestière, mais en raison des maladies tropicales comme la fièvre jaune et le paludisme, c'était un de ceux où la mortalité était la plus forte en Guyane et, face à l'hécatombe, on y envoya les condamnés d'origine africaine jugés plus resistant à ce type de climat. Mais le taux de mortalité ne faiblit pas et le camp fut fermé en 1863.

C'est grâce à la découverte d'or en 1885 dans la rivière Camopi située plus au sud que Saint-Georges se repeupla en devenant un camp de base pour ravitailler les orpailleurs. Le bourg se restructura dans la première moitié du 20ème siècle et c'est en 1946 que la commune de Saint-Georges de l'Oyapock fut officiellement créée, comptant 1 500 habitants répartis sur les villages de Saint-Georges, Tampack ou Trois Palétuviers, et plusieurs hameaux comme La Bombe, Nouvelle Alliance ou Saut Maripa.

Que voir à Saint-Georges

Le bagne de Saint-Georges ayant été construit en bois, il n'existe malheureusement plus beaucoup de vestiges de ce bagne, mis à part l'église du village et la la maison Garros située au bord de la digue construite par les bagnards au bord de l'Oyapock pour maintenir les terres sur lesquelles le bourg fut construit.
A l'arrière du bagne, au nord-ouest, se trouvaient les plantations de canne à sucre, de café, de coton, de maïs et de rocou, ainsi que les jardins potagers.

En se promenant dans les différents quartiers de Saint-Georges on ne verra pas d'édifices exceptionnels comme dans certaines cités de la métropole française ou même à Cayenne. Par contre on sera séduit par l'architecture de la commune composée pour l'essentiel de 5 types d'habitat traditionnel comme la petite case créole, la grande case créole, le carbet palikur, la maison cabocle oyapoquoise et la maison brasiléo-caraïbe.

Saint Georges - Maison Fleuve Le type d'habitation le plus ancien et le carbet palikur, héritage des civilisations amérindiennes et que l'on trouvera surtout dans les quartiers Espérance, Village Blondin ou Village Martin.
Les petites cases et grandes cases créoles colorées ainsi que les maisons brasileo-caraïbes (construction en dur de couleur blanche) se trouvent surtout dans le centre de Saint-Georges.
Tandis que les maisons cabocles oyapoquoises sont situées dans les quartiers palafites de Village Bambou, Village Blondin et Village Pêcheur, c'est à dire les secteurs les plus sujets à être inondés.

On tombera sous le charme des petites cases créoles très nombreuses à Saint-Georges, appelées affectueusement "Ticaz" et qui sont issues du métissage entre la maison traditionnelle des esclaves et la maison à colombage européenne du 19ème siècle, des maisons en bois souvent très colorées même si le toit en tôle parfois rouillée trahit un certain manque d'entretien.

Saint Georges - Chez Modestine Les bâtiments les plus anciens de Saint-Georges sont très peu nombreux et sont classés dans la catégorie des grandes cases créoles comme l'église, la Maison du Fleuve, la Maison Tanon qui est occupée aujourd'hui par l'hôtel Chez Modestine, et l'ancienne école. Ces édifices datant du début du 20ème siècle pour les plus anciens sont construits sur une base en ciment permettant d'éviter l'humidité de ces maisons de deux étages.

Les carbets palikur sont les édifices cérémoniels ou de vie communautaire des indiens, les constructions les plus basiques de Saint-Georges avec leur toit de palme reposant sur des poteaux. Destinés avant tout à se protéger de la pluie et des rayons du soleil, ils représentent très bien le style d'habitat de la plupart des indiens vivant dans la forêt amazonienne.

Saint Georges - Maison Cabocle Les maisons cabocles oyapoquoises sont les maisons du fleuve et sont également appelés "maisons brésiliennes". Ces maisons sur pilotis, issues du métissage des cultures amérindiennes, africaines et européennes, ont pour vocation de protéger l'habitat de la montée des eaux et de permettre un accès facile aux pirogues des pêcheurs. Raccordées la plupart du temps entre elles par des passerelles, ces maisons palafites font la jonction entre le fleuve et la terre.

Quant à la maison brasiléo-caraïbe, c'est le type de construction le plus moderne que l'on verra à Saint-georges, des édifices en durs basés sur le style architectural du bungalow anglo-caraïbe et de la petite case créole, mais avec une influence brésilienne pour la conception des ouvertures, des balustrades et du toit en tuiles. Ce sont souvent les plus belles maisons de Saint-Georges, appartenant à la classe sociale la plus aisée, mais elles souffrent cependant beaucoup plus de l'humidité que la plupart des constructions traditionnelles.


Les villages proches de Saint-Georges

Tampack

Il ne vous faudra que 10 à 15 minutes de trajet en pirogue sur l'Oyapock pour rejoindre le village de Tampack peuplé par les Saramaca, un peuple descendant des anciens esclaves noirs marrons. Les Saramacas sont d'excellents piroguiers et ils se sont installés sur les terres appartenant à Auguste Hilaire, exploitant de bois de rose, à l'époque de la ruée vers l'or pour transporter les orpailleurs, les vivres et le matériel jusqu'à Camopi où les gisements avaient été découverts.
Quand la fiève de l'or retomba la plupart d'entre eux sont partis vers le Suriname et une quarantaine sont restés à Tampack, continuant d'offrir leurs services de piroguiers à ceux qui veulent descendre ou remonter l'Oyapock.

Trois Palétuviers Plus en aval, en se rendant vers Ouanoury à l'embouchure de Oyapock, on visitera le village amérindien de Trois Palétuviers, un voyage de 45 minutes en pirogue pour réaliser les 20 kilomètres de distance depuis Saint-Georges. Peuplé par une cinquantaine d'indiens Palikur, le village de Trois Palétuviers est alimenté en partie par l'énergie solaire pour générer l'électricité et c'est une éolienne qui permet de puiser l'eau d'un puits. Comme tous les villages français, Trois Palétuviers dispose d'une école et les enfants se sont mis à apprendre à jouer aux échecs dans le club des "Cavaliers des Trois Palétuviers". Rien d'exceptionnel direz-vous, mais grâce aux efforts de leur instituteur, Daniel Baur, quatre d'entre eux ont voyagé en Australie en mars 2014 pour rencontrer d'autres jeunes joueurs d'échecs d'origine aborigène à Uluru, aux antipodes de la Guyane.

Maripa A 22 kilomètres au sud de Saint-Georges par la route, ou en une heure de pirogue, on atteindra le village de Maripa à partir duquel un sentier permet aux randonneurs de rejoindre une des plus belles attractions de la région : Saut Maripa. C'est un des passages les plus difficiles de l'Oyapock avec l'eau qui tourbillonne entre les rochers, compliquant la tâche des piroguiers. C'est aussi le lieu qui marque la limite de la remontée des marées dans le lit de l'Oyapock. Sur 2 kilomètres de distance, le fleuve descend de 14 mètres en direction de Saint-Georges et Saut maripa est considéré comme un des rapides les plus dangereux de l'Oyapock. Mais quand les eaux sont plus basses, Saut Maripa offre de belles piscines naturelles entre les rochers, des points d'eau rafraichissants pour les randonneurs qui auront emprunté ce sentier longeant une ancienne voie de chemin de fer abandonnée.

Maripa est un hameau pratiquement abandonné où vous ne verrez que quelques carbets sous lesquels vous pourrez accrocher vos hamacs pour vous reposer quelques heures ou y passer la nuit.
Sur un bras de l'Oyapock, EDF a installé une centrale hydroélectrique à Saut Maripa pour alimenter Saint-Georges en électricité.


Oiapoque

Oiapoque

Située en face de Saint-Georges, sur la rive droite de l'Oyapock, la ville brésilienne d'Oiapoque reçoit très souvent la visite des touristes qui veulent avoir un aperçu de la vie brésilienne.
Peuplés jadis par les indiens Wayampi, Kali'na et Palikur, les lieux furent occupés au début du 20ème siècle par des antillais qui remontaient l'Oyapock à la recherche d'or. Le chef du groupe était connu sous le nom d'Emile de Martinique et c'est à lui que certains historiens attribuent la fondation de la cité sous le nom de "Martinica". Mais le petit bourg fut renommé peu de temps après en "Vila do Espírito Santo" et c'est le 23 mai 1945 que la municipalité d'Oiapoque fut officiellement créée.

Oiapoque est une ville plus animée que Saint-Georges avec plusieurs hôtels, restaurants, restaurants et bars ou la bière et caïpirinha coulent à flot. Avec son marché couvert rempli de fruits tropicaux, le Musée Kuahi qui présente les peuples indigènes de la région, la belle petite plage de Rona sur les bords du fleuve, et surtout ses nombreuses boutiques de souvenirs, de vêtements et de chaussures, tout est prévu à Oiapoque pour attirer les touristes venant de Saint-Georges.

Pont sur l'Oyapock Pour se rendre à Oiapoque depuis Saint-Georges c'est d'ailleurs très facile puisque 150 piroguiers se proposent de vous faire traverser le fleuve en moins de 10 minutes. Les ressortissants de l'Union Européenne n'ayant pas besoin de visa pour se rendre au Brésil, ils n'auront même pas besoin de faire tamponner leur passeport s'ils ne vont pas plus loin que cette ville et les villages des environs comme Vila Brasil, Taperebá, Ponte do Cassiporé, Rio Cassiporé, Açaizal, Kumarumã, Espírito Santo, Manga, Santa Isabel ou Urucaura.

Pourtant, poursuivre son voyage au Brésil est bien tentant quand on se trouve à cet endroit. D'ailleurs un pont a été construit en 2011 pour relier Saint-Georges à Oiapoque, un pont de 378 mètres de longueur et dont les deux voies surplombent le fleuve à 15 mètres de hauteur. 50 millions d'euros ont été dépensés pour réaliser ce premier pont entre la France et le Brésil, chacun des deux pays ayant apporté la moitié de la somme. Mais le problème c'est la route entre Oiapoque et Macapá, la capitale de l'Etat de l'Amapá, est une piste peu praticable et qu'il faudra encore attendre avant qu'elle soit goudronnée. Le pont atendait toujours d'être inauguré en avril 2014, une inauguration que craignent surtout les piroguiers qui vont perdre une grande partie de leur chiffre d'affaires.


Comment aller à Saint-Georges

TIGA 185 kilomètres de Cayenne, Saint-Georges est accessible pat la Nationale 2 qui passe à proximité de la commune de Regina près de laquelle a été construit un pont pour franchir l'Approuague.
Ce voyage entre Cayenne et Saint-Georges peut être fait en bus en prenant la ligne 9 du Transport Interurbain de la Guyane (TIG). Le trajet se fait en 3 heures et le prix du billet est de 30 €.

Il y a également de nombreux taxis collectifs près du Marché Central de Cayenne qui vous proposeront de faire le voyage jusqu'à Saint-Georges pour un tarif à peine supérieur à celui du bus. Et pour avoir plus de liberté dans vos déplacements, vous pourrez louer dans divers agences de location de voiture comme l'agence Sixt, les tarifs étant très intéressants quand on voyage à deux ou plusieurs.

Saint-Georges dispose d'un petit aérodrome mais il n'est utilisé que par des avions et des hélicoptères privés, et voyager avec ces moyens de transport serait donc très onéreux.

On peut arriver à Saint-Georges depuis le Brésil en venant de Macapá, la capitale de l'Etat d'Amapá. Cette piste est en mauvais état mais des travaux sont en cours pour la goudronner, ce qui permettra une liaison plus facile entre le Brésil et la France vu qu'un pont a été construit sur l'Oyapock entre la ville brésilienne d'Oiapoque et la commune de Saint-Georges.

Circuler à Saint-Georges et dans les environs

Saint-Georges est une commune avec un urbanisme intéressant que l'on découvrira surtout en se promenant à pied dans ses différents quartiers.
De toute façon, Saint-Georges étant assez petit, n'esperez pas y trouver des bus pour aller d'un point à un autre de la commune. Au mieux vous trouverez quelques taxis pour rejoindre les sites les plus éloignés. (Alain Alberto Taxi : Tél. 06 94 23 90 63)

Mais la plupart du temps, ce sera la pirogue qui sera le moyen de communication le plus utilisé pour rejoindre les villages de Tampack, Trois Palétuviers, Maripa ou Ouanary, ce dernier étant le plus éloigné à 2 heures de pirogue de Saint-Georges.

De nombreux piroguiers vous proposent également de traverser l'Oyapock à destination de la ville brésilienne d'Oiapoque, une activité qui devrait décliner avec l'ouverture du pont entre les deux villes.

Hôtels à Saint-Georges

Chez ModestinePeu d'hôtels sont inscrits dans les centrales de réservation mais il existe pourtant une offre d'hébergement suffisante pour tous les voyageurs qui souhaitent découvrir cette petite commune guyanaise très agréable.
En arrivant sur place vous n'aurez sans doute pas de problème à trouver une chambre, mais si vous préférez réserver à l'avance vous trouverez ci-dessous quelques établissements à contacter par téléphone.

On peut également choisir de loger dans la commune voisine d'Oiapoque puisque les ressortissants européens n'ont pas besoin de visa pour se rendre au Brésil. En ce qui concerne les Canadiens cela sera plus contraignant car ils devront payer une taxe pour pouvoir voyager au Brésil. Sachez cependant qu'il y a aussi de nombreux hôtels de passe peu fréquentables.

Quant aux villages proches de Saint-Georges, on y trouvera des carbets pour y accrocher son hamac et quelques particuliers disposés à leur louer une chambre ou un gîte.


  • Caz Calé : rue Elie Elfort - Tél. 05 94 37 00 54
  • Hôtel Floresta : Joaquim Caetano Da Silva - Tél. 06 94 20 40 21
  • Chez Modestine : Rue Elie Elfort - Tél. 05 94 37 00 13
  • Beija Flor : Oiapoque (Brésil) - Tél. +55 96 9901 0551
  • Chacara du Rona : Rua Getúlio Vargas, 120 - Tél. +55 96 3521 1565

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