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C'est en 1585 que Don Francisco de Medrano fonda la cité de San Miguel de Oruro sur les bases d'un village indigène appelé Ururu, peuplé par les indiens Urus, et dont les habitants s'étaient spécialisés dans la confection de poteries connues depuis le nord de l'Argentine jusqu'au Venezuela.
Oruro était au coeur d'une région très riche en minerais et s'est convertie en centre minier très important pour l'exploitation du plomb, de l'étain et de l'argent.
L'exploitation intensive des mines exigeait une grande quantité de bois pour etayer les galeries, ce qui provoqua la disparition des forêts typiques de la région.
Quand le prix des matières premières chuta Oruro en fut affecté et l'activité minière diminua fortement, entrainant une grande partie de la population à trouver du travail dans d'autres régions.
Le Carnaval de Oruro
Ce qui attire les touristes à Oruro, c'est son grand Carnaval minier qui se déroule chaque année au mois de février.
Le Carnaval de Oruro est le fruit de plusieurs mythes et légendes. Les Indiens Urus craignaient Huari, le dieu de la cordillère des Andes, appelé également le dieu du mal. Mais Huari fut vaincu par la belle Ñusta, que beaucoup associe à la Virgen del Socavon, la Vierge de la Galerie, protectrice des mineurs.
Par la suite, les mineurs se mirent égalemnt à vénérer Huari, assimilé au diable et dont les mineurs ont dressé des représentations dans les galeries. Ils vénèrent cette statue de terre cuite, lui font des offrandes et l'appelent "Tío", Oncle. C'est le diable qui règne dans les mines, protègeant ses "neveux" préférés ou faisant mourir ceux qui lui manquent de respect dans des éboulements.
La Vierge noire du Socavon, ou des Mines, est une oeuvre du XVIème siècle. Ce sont les conquistadors espagnols qui introduisirent le culte de La Vierge de la Candelaria dès la fondation de la cité d'Oruro, célébrée chaque 2 février.
L'image de la Vierge Noire fut restaurée en 1992 et se trouve dans le Musée des Coutuems et de la Mine de Oruro.
Le Carnaval de Oruro résulte donc d'un syncrétisme religieux entre les mythes ancestraux des indiens Urus et la religion catholique.
Le samedi on prépare la procession de la Vierge Noire. Les porteurs revêtent leurs plus beaux costumes et les chars sont chargés d'offrandes.
Le dimanche, dès l'aube, des groupes jouent la sérénade à la Patronne des mineurs. Puis la procession se dirige jusqu'à la grotte du mont Pie de Gallo où la Vierge est encensée.
Le lundi, c'est le Jour du Diable. Après la cérémonie religieuse donnée dans le Sanctuaire de la Mine, une nouvelle procession se déroule.
Le mardi les habitants de Oruro font leurs offrandes à la Pachamama, la déesse de la terre.
Le mercredi des Cendres, ce sont les croyances des indiens Urus qui sont à l'honneur avec l'image du lézard, du crapaud, de la vipère et de la fourmi qui vont faire fuir les dieux maléfiques. Les danses sont appelées Diabladas. La Diablada est la danse de l'enfer, symbiose entre les rites indigènes et catholiques avec le culte commun de la Vierge et du Diable. Sa Chorégraphie représente la lutte du bien contre le mal et la défaite des sept péchés capitaux.
Le jeudi, appelé Ajtapi, est le jour de clôture du Carnaval. On rend hommage aux musiciens qui ont animé une des plus belles et des plus étanges fêtes au monde en plein coeur de la Bolivie.
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